Méiose
Division cellulaire particulière qui divise par deux le nombre de chromosomes et fabrique les cellules reproductrices
Méiose : Division cellulaire particulière qui divise par deux le nombre de chromosomes et fabrique les cellules reproductrices. Une cellule mère donne quatre cellules filles, chacune ne contenant plus qu’une seule série de chromosomes au lieu de deux. C’est ce qui permet à un pollen et à un ovule de fusionner sans que le nombre de chromosomes double à chaque génération. Le mot vient du grec meiosis, diminution.
Deux divisions à la suite
La méiose se fait en deux temps, ce qui la distingue de la division ordinaire.
Lors de la première division, les chromosomes se rangent par paires, chaque chromosome venu du père face à son homologue venu de la mère. Puis les paires se séparent, un chromosome de chaque côté. C’est ici que le nombre est divisé par deux.
La seconde division ressemble à une division normale et sert surtout à répartir le matériel proprement. Au bout du compte : quatre cellules là où il y en avait une.
Le brassage, c’est là que ça se joue
C’est le point important pour qui fait ses graines. La méiose ne se contente pas de diviser, elle mélange.
Quand les chromosomes se mettent par paires, ils s’accrochent et échangent des morceaux entre eux. Ce qu’on appelle le crossing-over. Le chromosome qui part dans le pollen n’est déjà plus celui que la plante avait reçu, c’est un mélange des deux.
Ensuite, la répartition des paires se fait au hasard. Rien n’oblige tous les chromosomes maternels à partir du même côté. Sur les douze paires d’une tomate, ça fait déjà plusieurs milliers de combinaisons possibles, avant même de compter les échanges.
Voilà pourquoi deux graines issues du même fruit ne donneront jamais deux plantes strictement identiques.
Chez la plante, ça ne donne pas directement des gamètes
Chez nous, la méiose produit directement des spermatozoïdes ou des ovules. Chez les plantes à fleurs il y a une étape de plus.
Les quatre cellules issues de la méiose sont des spores, pas des gamètes. Elles se divisent encore quelques fois pour former une petite structure qui, elle, fabriquera les gamètes. Dans le pollen, c’est ce qui donnera les deux noyaux mâles ; dans l’ovule, le sac embryonnaire. C’est un reste de l’époque où les ancêtres des plantes alternaient entre deux générations bien distinctes, comme le font encore les fougères et les mousses.
Quand la méiose rate
Il arrive qu’elle se déroule mal et qu’une cellule garde ses deux séries de chromosomes. Ce gamète non réduit, s’il rencontre un gamète normal, donne un triploïde, souvent stérile. S’il en rencontre un autre du même genre, il donne un tétraploïde, qui peut être fertile et donner naissance à une nouvelle espèce.
Ce n’est pas rare du tout. Une bonne partie des plantes que nous cultivons vient de là. Le blé, l’avoine, le coton, la fraise cultivée, tous sont issus de méioses ratées suivies de croisements.
Exemple concret : quand vous ressemez les graines d’un hybride F1 et que vous obtenez une génération complètement bigarrée, c’est la méiose que vous voyez à l’œuvre. Le plant F1 était uniforme parce que tous ses chromosomes étaient appariés de la même façon. En fabriquant son pollen et ses ovules, il a rebattu les cartes, et chacune de ses graines a reçu un tirage différent.
À ne pas confondre : la mitose est la division ordinaire, celle qui fait grandir la plante. Elle produit deux cellules identiques à la cellule de départ, sans rien diviser ni mélanger. C’est elle qui est à l’œuvre dans le bouturage, le marcottage ou les stolons du fraisier, et c’est pour ça que ces multiplications donnent des clones. L’apomixie revient au même : produire des graines en sautant la méiose.
Aussi appelé : méioses, méiotique