Pollen
Poudre produite par les anthères, faite de grains microscopiques qui contiennent chacun les cellules mâles de la plante.
Pollen : Poudre produite par les anthères, faite de grains microscopiques qui contiennent chacun les cellules mâles de la plante. Un grain de pollen n’est pas une cellule mâle à lui tout seul : c’est un petit organisme vivant, avec sa paroi, ses réserves et deux ou trois noyaux à l’intérieur, capable de survivre quelque temps hors de la fleur et de se déplacer. Sa fonction est d’amener les cellules mâles jusqu’à l’ovule, à l’intérieur du pistil d’une autre fleur.
Un grain, ce qu’il y a dedans
Le grain de pollen a deux enveloppes. À l’extérieur, une paroi extrêmement résistante, faite d’une matière que presque rien n’attaque, ni les acides, ni les bactéries. C’est pour ça qu’on retrouve du pollen intact dans des sédiments vieux de millions d’années, et qu’on peut reconstituer les végétations anciennes en l’analysant.
Cette paroi est percée de pores ou de fentes, et sa surface est sculptée : lisse, épineuse, en réseau, en nid d’abeilles. Les motifs sont propres à chaque famille, souvent à chaque genre, et c’est ce qui permet d’identifier au microscope l’origine du pollen d’un miel.
Sous cette paroi, une membrane souple. Et dedans, la cellule végétative, celle qui fabriquera le tube pollinique, plus les deux cellules mâles qui feront la fécondation.

Ce qui se passe sur le stigmate
Le grain arrive sur le stigmate et commence par se réhydrater. Il gonfle, puis il fait sortir un tube par un de ses pores.
Ce tube s’enfonce dans le style et descend vers l’ovaire. Il ne pousse pas au hasard : l’ovule émet des signaux chimiques qui le guident. Chez la tomate, il parcourt un centimètre ou deux en une journée. Chez le maïs, le tube doit traverser toute la longueur du fil de la barbe, parfois plus de vingt centimètres, ce qui lui prend un ou deux jours.
Arrivé à destination, il libère ses deux cellules mâles. L’une féconde l’ovule et donne l’embryon, l’autre féconde une autre cellule et donne l’albumen, la réserve de la graine. C’est la double fécondation, une particularité des plantes à fleurs qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
La fleur trie ce qui arrive
Tout le pollen qui se dépose ne germe pas. Le stigmate reconnaît ce qui se pose sur lui et laisse démarrer ou non.
Le pollen d’une autre espèce est presque toujours rejeté, il ne germe pas ou son tube s’arrête en route. C’est ce qui fait qu’une tomate à côté d’un poivron ne donne rien d’hybride, malgré les deux Solanacées.
Certaines espèces vont plus loin et refusent leur propre pollen, ou celui d’un pied trop proche génétiquement. C’est l’auto-incompatibilité, et c’est ce qui rend le chou, le radis ou le seigle incapables de s’autoféconder correctement.
Ce que ça change en production de graines
Le pollen ne vit pas longtemps. Une fois sorti de l’anthère, il perd sa viabilité en quelques heures à quelques jours selon l’espèce. Chez la courge, il faut compter la matinée, guère plus. Chez le maïs, quelques heures par temps chaud. La chaleur et l’air sec accélèrent encore ce vieillissement, et un pollen émis pendant une canicule peut être déjà mort à l’ouverture de la fleur.
Il voyage plus loin qu’on ne croit. C’est ce qui fixe les distances d’isolement. Le pollen porté par les insectes suit les trajets des butineuses, qui parcourent des centaines de mètres. Le pollen porté par le vent va beaucoup plus loin encore : celui du maïs se retrouve à plusieurs centaines de mètres, celui des arbres à plusieurs kilomètres.
Sa quantité varie énormément. Une fleur de courge produit quelques milliers de grains, gros et collants, faits pour être transportés par un insecte. Un pied de maïs en produit plusieurs dizaines de millions, minuscules et secs, parce que le vent en perd l’immense majorité.
Exemple concret : ouvrez une fleur de courge mâle en fin de matinée et frottez l’étamine centrale sur votre doigt. La poudre orange qui reste est du pollen, et vous en avez sur le doigt plusieurs milliers de grains. C’est exactement ce que vous transférez quand vous pollinisez à la main pour faire vos semences. Revenez à la même fleur l’après-midi : elle est déjà en train de se refermer, et son pollen ne vaut plus grand-chose.

Aussi appelé : pollens, pollinique, grain de pollen