Abscission florale

Chute volontaire d'une fleur ou d'un jeune fruit, provoquée par la plante elle-même. Ce n'est pas un accident ni une cassure

Abscission florale : Chute volontaire d’une fleur ou d’un jeune fruit, provoquée par la plante elle-même. Ce n’est pas un accident ni une cassure : une zone de rupture se prépare à la base du pédoncule, les cellules se dissolvent, et l’organe se détache. Le mot vient du latin abscindere, séparer en coupant. La chute des feuilles à l’automne relève du même mécanisme.

La zone d’abscission

À la base de chaque fleur, il existe une petite bande de cellules courtes et serrées, préparée d’avance. Elle reste inactive tant que la fleur est alimentée normalement.

Quand la plante décide de lâcher, ces cellules fabriquent des enzymes qui dissolvent le ciment qui les tient entre elles. Le tissu se ramollit, et la fleur finit par tomber au moindre courant d’air. Une couche protectrice se referme aussitôt derrière, ce qui évite à la plante de perdre de l’eau ou de laisser entrer des maladies par la plaie.

C’est un mécanisme actif et propre, qui demande de l’énergie. La plante ne subit pas cette chute, elle l’organise.

une poigné de fleurs qui sont tombées

La plante ne se sacrifie pas pour ses fruits, elle sacrifie ses fruits pour vivre

C’est le point qu’on comprend souvent à l’envers. Une fleur ou un jeune fruit ne tombe pas parce que la plante s’est épuisée à le nourrir. Il tombe parce que la plante coupe les vivres pour se préserver.

Face à un stress, elle fait un arbitrage : la survie de la plante passe avant la reproduction. Elle réduit d’abord le nombre de bouches à nourrir, quitte à perdre la récolte de la semaine. Ce qui compte pour elle, c’est de tenir jusqu’à des conditions meilleures.

Ce qui déclenche la chute

Deux hormones se disputent le contrôle de cette zone. Tant que la fleur est bien alimentée, l’auxine circule et maintient la zone inactive. Dès que le flux se coupe, l’éthylène prend le dessus et déclenche la dissolution. C’est la même hormone qui fait mûrir les fruits, et qui explique qu’une pomme abîmée dans une cagette fasse tourner les autres.

Le flux d’auxine se coupe pour plusieurs raisons. Une fécondation qui n’a pas eu lieu, faute de pollen viable ou de pollinisateur. Un stress thermique ou hydrique. Un manque de lumière. Ou simplement trop de fruits déjà en route, la plante régulant alors sa charge toute seule.

Ce n’est pas toujours mauvais signe

Un arbre fruitier qui laisse tomber une partie de ses jeunes fruits en juin fait exactement ce qu’il faut. Il ajuste sa charge à ce qu’il peut mener à terme. Un plant de tomate qui perd deux fleurs sur un bouquet de huit en fait autant.

L’abscission ne devient un problème que lorsqu’elle est massive et qu’elle se répète, signe que la plante est en difficulté durable.

Exemple concret : quand une fleur de tomate tombe, ramassez-la et regardez sa base. Vous verrez une cassure nette, propre, presque comme une découpe. Comparez avec une fleur que vous arrachez vous-même : celle-là laisse des fibres déchirées. La différence se voit à l’œil nu, et c’est toute la différence entre une chute organisée et une cassure.

Voir aussi les fiches Stress abiotique et Microsporogenèse, qui explique pourquoi la cause d’une chute remonte souvent à la semaine précédente.

Aussi appelé : abscission, coulure, chute des fleurs

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