Graines biologiques de
Tabac Burley
Nicotiana tabacum
Tabac blond du Kentucky et de l’Ohio, le Burley est une sélection ancienne apparue en 1864. Il possède des tiges et des nervures claires. Il produit de grandes feuilles réputées pour leurs arômes soutenus. C’est une grande plante qui peut atteindre 2 m de hauteur. Le tabac est assez facile à cultiver.
Fiche technique
| Nom commun | Tabac |
|---|---|
| Nom vernaculaire | Tabac Burley, White Burley (anglais), Burley blanc, Burley de goût |
| Famille botanique | Solanacée/ Solanée |
| Nom latin | Nicotiana tabacum |
| Variété | Burley |
| Origine géographique | Originaire de la vallée de l’Ohio, entre l’Ohio et le Kentucky (États-Unis) |
| Nb graines par gramme | Environ 10 000 à 12 000 graines par gramme |
| Durée de conservation des semences | Environ 10 ans, au frais et au sec |
| Poids du sachet | 0,20g |
| Cycle végétal | Plante annuelle |
| Température de germination | 15°C à 30°C |
| Temps de germination | De 10 jours à 2 semaines |
À propos de Tabac Burley
Le Tabac Burley
Le tabac (Nicotiana tabacum) est originaire des régions tropicales et subtropicales d’Amérique. Le Burley est apparu bien plus tard, en 1864, dans un champ de l’Ohio.
C’est une Solanacée annuelle aux grandes feuilles ovales, sans pétiole, portées par une tige couverte de poils collants. Les fleurs sont groupées en panicule au sommet de la plante. Le Burley se reconnaît à ses tiges et à ses nervures claires, dues à un manque de chlorophylle inscrit dans ses gènes. Ce caractère a un prix : il demande beaucoup de fumier et produit un peu moins que les autres tabacs. Le tabac est toxique, toutes ses parties contiennent de la nicotine, sauf les graines.
Notre souche de tabac Burley ne présente pas de tiges et de nervures « blanches » très prononcées, elles sont tout de même assez claires, sans pour autant être crème.
On le sait moins, mais le tabac est une plante hôte pour la chenille du sphinx tête de mort, un énorme papillon nocturne qui pond sur ses feuilles.
Histoire et origine du tabac Burley
Le tabac cultivé (Nicotiana tabacum) n’est pas connu à l’état sauvage. C’est un hybride ancien entre deux tabacs sauvages, Nicotiana sylvestris et Nicotiana tomentosiformis. Cette hybridation a probablement eu lieu dans le nord-ouest de l’Argentine et en Bolivie.
Le Burley est né bien plus tard, dans la vallée de l’Ohio. Selon les légendes locales, George Webb et Joseph Fore l’ont cultivé en 1864 sur les terres du capitaine Frederick Kautz, dans l’Ohio. Les graines venaient du comté de Bracken, de l’autre côté de la rivière, dans le Kentucky. Une histoire locale du Kentucky raconte une version plus longue : un cultivateur nommé Bradford aurait d’abord sélectionné ces plants clairs, puis donné des graines à son voisin George W. Barkley, qui les aurait confiées à Webb et Fore. Une histoire de voisins!
Les feuilles de ce nouveau tabac étaient plus claires et séchaient autrement. En 1866, Webb en aurait récolté un bon paquet, vendu à bon prix à Cincinnati, et il aurait bien plu aux fumeurs de la ville. Le Burley s’est ensuite répandu dans le centre du Kentucky, qui produit aujourd’hui environ 70 % du Burley américain. On le cultive aussi au Brésil, au Malawi et en Argentine.
En France, le Burley représente environ 38 % de la production de tabac, surtout dans le Sud-Ouest, le Sud et le Sud-Est. Les variétés cultivées par la filière sont sélectionnées à Bergerac, où l’Institut du tabac a été fondé en 1927. Aujourd’hui, les variétés de Burley de la filière française sont presque toutes des hybrides.
La petite histoire du tabac Burley
- Les plants jetés : un journal du Kentucky raconte que Webb, en voyant ses premiers plants si pâles, les aurait jetés en les croyant malades. Faute d’autres graines, il aurait ressemé les mêmes l’année suivante.
- Un monument en 1964 : le gouverneur de l’Ohio, Jim Rhodes, et James Frederick Robinson, petit-fils du premier cultivateur, ont inauguré cette année-là une plaque qui commémore la découverte du Burley à Higginsport.
- Un tabac à chiquer : en 1916, une station agricole de Virginie-Occidentale écrivait que le Burley servait surtout à fabriquer du tabac à chiquer, et aussi du tabac pour la pipe et la cigarette. La variété cultivée presque partout dans la région s’appelait alors Lockwood’s Burley. Cette ancienne variété aurait aujourd’hui disparu.
Le tabac Burley, un tabac séché à l’air
Le Burley ne passe pas au four comme le Virginie. On le récolte traditionnellement pied entier, et on le laisse sécher lentement, pendu à l’abri.
- La récolte : la tige est coupée au ras du sol 3 à 5 semaines après l’écimage, quand les feuilles du haut virent au vert-jaune. En France, la récolte va de mi-août à mi-septembre.
- Le séchoir : un bâtiment aéré, à l’abri du soleil, où les pieds sont suspendus à 1 m ou 1,50 m du sol. Le feu direct est interdit pour sécher le Burley, qui ne doit prendre aucune odeur étrangère.
- Les étapes : les feuilles jaunissent pendant une dizaine de jours, puis brunissent pendant 20 à 25 jours. Les nervures sèchent ensuite en 15 à 20 jours. Le Burley reprend très facilement l’humidité, et au-dessus de 80 % d’humidité pendant plus de 48 heures, il moisit.
- L’effeuillage : on décroche les pieds au bout de 60 jours environ, puis on détache les feuilles et on les trie par étage. Les feuilles du bas sont les plus fines, celles du haut les plus épaisses et les plus riches en nicotine.
Le tabac, une plante toxique
Toutes les parties du tabac contiennent de la nicotine, sauf les graines. Les feuilles en renferment de 2 à 8 %.
- La maladie du tabac vert : la nicotine dissoute dans la rosée ou la pluie passe à travers la peau. Les récolteurs de Burley qui travaillent dans les feuilles mouillées souffrent de nausées, de vomissements, de faiblesse et de vertiges. En 1992, 47 personnes ont été soignées aux urgences en deux mois dans cinq comtés du Kentucky. Aujourd’hui, les travailleurs des champs de tabac s’équipent d’imperméables et de gants lorsque les journées sont pluvieuses.
Le tabac, une plante insecticide
La nicotine issue du tabac a été utilisée pendant plus de deux siècles pour lutter contre les insectes dans les cultures. Aujourd’hui interdite, ce sont des molécules de synthèse tout aussi redoutables pour les insectes, les néonicotinoïdes, qui ont pris le relais.
- Le poison de la plante : la nicotine est fabriquée dans les racines, puis stockée dans les feuilles. C’est un mécanisme de défense de la plante : lorsqu’un insecte mange sa feuille, la nicotine se fixe sur ses récepteurs nerveux de l’acétylcholine, un messager chimique du système nerveux, et le tue sans vergogne!
- Deux siècles d’usage au jardin : le tabac sert d’insecticide depuis le milieu du XVIIIe siècle. Le jus de tabac, un résidu de la préparation des feuilles très chargé en nicotine, s’employait en horticulture contre les pucerons. Au XXe siècle, on vendait la nicotine sous forme de sulfate, comme le Black Leaf 40, très utilisé dans les jardins familiaux. On l’appréciait parce qu’elle épargnait les insectes prédateurs, mais elle était très dangereuse pour l’homme.
- Une substance interdite : la nicotine n’est plus autorisée dans les produits phytosanitaires de l’Union européenne depuis une décision de la Commission de 2008, appliquée en 2009 et 2010. Le laboratoire public de Stuttgart la classe parmi les pesticides les plus toxiques jamais autorisés en Europe, et déconseille fortement le tabac comme remède « naturel » au jardin.
- Les néonicotinoïdes, les enfants de la nicotine : ces insecticides sont chimiquement proches de la nicotine et agissent sur les mêmes récepteurs nerveux. Leur ancêtre a été synthétisé en 1970 à l’université Purdue, aux États-Unis. Bayer a breveté en 1985 l’imidaclopride, le premier néonicotinoïde commercial. Il est bien plus toxique que la nicotine pour les insectes, et les néonicotinoïdes se fixent bien plus fortement sur les récepteurs des insectes que sur ceux des mammifères, ce qui les rend redoutables pour les insectes. En 2018, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a conclu que la plupart de leurs usages présentaient un risque pour les abeilles domestiques et sauvages. L’Union européenne a interdit les trois principaux en plein champ la même année, et la France a interdit les cinq néonicotinoïdes autorisés le 1er septembre 2018. En août 2026, une nouvelle loi a rouvert la porte à des dérogations d’un an, pour l’acétamipride… C’est terriblement triste!
La législation sur la culture du tabac en France
Textes en vigueur en octobre 2026, lors de la rédaction de cet article. Depuis le 1er juillet 2025, les règles sur la fabrication et la vente du tabac relèvent du code de la santé publique.
- Cultiver : aucun texte ne soumet à autorisation la culture de quelques pieds de tabac au jardin.
- Fabriquer pour soi : la fabrication à domicile pour ses besoins propres, ceux de sa famille et des personnes employées chez soi n’est pas considérée comme une fabrication rémunérée.
- Les outils : un particulier chez qui l’on trouve à la fois des ustensiles faits pour la fabrication du tabac (un hachoir à tabac, par exemple) et des feuilles, quelle qu’en soit la quantité, peut être puni comme fabricant frauduleux.
- La quantité : la même règle vise les particuliers qui détiennent plus de 10 kg de tabac fabriqué.
- Donner, vendre, expédier : fabriquer pour d’autres en vue d’un profit est interdit, et le cadre protégé ne couvre ni les amis ni les voisins. La vente et l’achat à distance sont interdits, et le tabac envoyé par colis est présumé illégal.
- Les peines : jusqu’à trois ans d’emprisonnement et une amende de 2 000 à 10 000 €.
Si vous rêviez d’une petite ferme qui vendrait son tabac en direct à un prix abordable, oubliez : il faut un agrément de la douane pour fabriquer, et la vente au détail est réservée aux buralistes. On n’empoisonne pas la population comme on veux! C’est le code de la santé qui le dit a moins d’être une multinationale et d’avoir des lobbyistes dans les grandes instances…
Origine de son nom savant : Nicotiana tabacum
- Nicotiana : le genre honore Jean Nicot (1530-1600 ou 1604), ambassadeur de France au Portugal. En 1560, il envoya des graines de tabac à la reine Catherine de Médicis, à Paris, persuadé que la plante soignait toutes sortes de maux. Linné a nommé le genre Nicotiana en 1753, dans son Species Plantarum. La nicotine porte aussi son nom. Nicot est par ailleurs l’auteur d’un des premiers dictionnaires de la langue française, le Thresor de la langue françoyse, publié en 1606.
- tabacum : c’est la forme latine de l’espagnol tabaco, venu d’une langue des Caraïbes, probablement le taïno. Les chroniqueurs espagnols ne s’accordaient pas sur son sens. Pour Oviedo, en 1535, le mot désignait une sorte de pipe. Pour Las Casas, en 1552, un rouleau de feuilles de tabac. Les spécialistes des langues caraïbes penchent pour Las Casas.
- Burley : l’origine du mot reste incertaine. Les dictionnaires anglais le font venir d’un nom propre, sans dire lequel, et le datent des années 1880.
Méthode de culture
- En mars, semez vos graines au chaud et à l’abri du gel. Maintenez votre terreau humide et assurez-vous que vos plantules reçoivent beaucoup de lumière.
- En avril, laissez pousser vos plantes en godets. Et pensez bien à l’arrosage car au printemps dans une serre, un coup de chaud est vite arrivé!
- En mai, vous pouvez les replanter au jardin. Assurez-vous qu’il n’y ait plus de risque de gelée!
- Pensez à bien pailler afin de limiter les arrosages.
- Et à la belle saison, profitez de vos récoltes et cueillez d’excellents légumes, ou faites de magnifiques bouquets de fleurs et de feuilles!
Comment cultiver le tabac Burley
Le tabac Burley est une plante annuelle gourmande, qui demande une terre riche, de la chaleur et du soleil pour bien pousser.
- Comment et quand semer le tabac Burley : semez en mars, sous abri et au chaud. Les graines sont très fines, il faut faire un semis clair en caissette. La levée prend de 7 à 14 jours entre 20 °C et 30 °C. Repiquez les plantules en godets individuels quand elles ont deux vraies feuilles.
- Comment planter le tabac Burley : mettez en place début mai, quand les risques de gel sont passés et que les plants mesurent 10 à 12 cm. Comptez environ 50 cm entre les pieds.
- Type de sol et exposition : le tabac aime les sols légers, profonds et bien drainés. Plein soleil. Sa croissance ne démarre qu’à partir de 10 °C dans le sol.
- Conseils de culture : paillez un maximum pour limiter les arrosages. Il existe des tailles qui préconisent de couper les boutons floraux afin de faire grossir les feuilles, on peut aussi égourmander les tiges qui poussent à l’aisselle des feuilles.
- Maladies et ravageurs : le mildiou, la mosaïque du tabac, le virus Y transmis par les pucerons. Ne cultivez pas le tabac deux ans de suite au même endroit, et éloignez-le des tomates et des pommes de terre, qui partagent ses virus.
Vertus médicinales
Le tabac, une plante médicinale?
Le tabac n’a aujourd’hui aucun usage reconnu en phytothérapie. Il a pourtant été vendu comme remède universel pendant plus de deux siècles, et sa nicotine sert encore de médicament, mais pour arrêter de fumer!
- Le remède de la Renaissance : Jean Nicot envoya du tabac à la cour de France en 1560, persuadé qu’il guérissait aussi bien le cancer que la goutte ou les maux de tête. Le médecin sévillan Nicolás Monardes lui attribuait la guérison de plus de soixante-cinq maladies.
- De la fumée pour ranimer les noyés : au XVIIIe siècle, à Londres, la Société pour le secours des personnes noyées, fondée en 1774, plaçait le long de la Tamise des trousses de réanimation. On y trouvait un soufflet pour insuffler de la fumée de tabac par l’anus des noyés ! Ils étaient quand même bien givrés à l’époque!
- La fin de la panacée : au milieu du XIXe siècle, les médecins avaient abandonné l’idée d’un tabac remède à tout. Dès 1868, le chirurgien écossais John Lizars liait l’usage de la pipe et de la cigarette aux cancers de la bouche et de la langue.
- La nicotine contre le tabac : la nicotine est aujourd’hui un médicament reconnu, sous forme de patchs, de gommes à mâcher, de pastilles, de sprays nasaux et d’inhalateurs. Ces substituts figurent sur la liste des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la santé. Une synthèse Cochrane de 2018 conclut qu’ils augmentent d’environ 55 % les chances d’arrêter de fumer.
- Une piste qui n’a pas tenu, la maladie de Parkinson : les études de population montrent que les fumeurs sont moins souvent atteints de la maladie de Parkinson. Ce n’est qu’une association. Un essai mené sur 162 malades au début de leur maladie a testé des patchs de nicotine pendant un an, ils n’ont pas ralenti l’évolution de la maladie.
Précautions d’utilisation
Toutes les parties du tabac sont toxiques, et les feuilles contiennent de 2 à 8 % de nicotine. N’en faites aucune préparation maison, ni tisane, ni lotion, ni cataplasme. Gardez les feuilles fraîches et séchées hors de portée des enfants et des animaux. Portez des gants pour manipuler les feuilles mouillées, la nicotine passe à travers la peau. Le tabagisme tue bien la moitié des personnes qui fument.
Passez donc voir un bon médecin ou un tabacologue si vous voulez arrêter de fumer, et prenez soin de vous !
Récolter les semences
Comment faire ses graines de tabac Burley
- Floraison et cycle de vie : le tabac Burley est une plante annuelle. Pour une plantation début mai, il fleurit de mi-juillet à début août. Ses fleurs en trompette, crème à rose pâle, s’ouvrent en grappe au sommet de la tige, et les capsules mûrissent les unes après les autres jusqu’à l’automne.
- Mode de reproduction : les fleurs sont hermaphrodites, leurs cinq étamines sont soudées au tube de la corolle. Le tabac est autogame : chaque fleur se féconde le plus souvent avec son propre pollen.
- Risques d’hybridation : le Burley se croise avec toutes les autres variétés de tabac cultivé, Virginie, tabac brun ou autre Burley. Les tabacs d’ornement ne posent pratiquement pas de problème : le croisement n’a été réussi qu’en laboratoire, et les hybrides obtenus étaient stériles.
- Distance d’isolement : on recommande généralement 50 m entre deux variétés de tabac. Pour la production personnelle, il suffit d’ensacher une grappe de fleurs pour en récolter des milliers de graines non hybridées.
Récolte des graines de tabac Burley
Les graines se récoltent de fin août à l’automne, au fur et à mesure de la maturité. Le fruit est une capsule, qui contient de 2 000 à 5 000 graines minuscules. Elle est mûre environ quatre semaines après la floraison, quand la capsule et les sépales qui l’entourent sont devenus bruns.
Pour la récolte, il faut :
- Sélectionner les porte-graines : choisissez des pieds sains, vigoureux et typiques de la variété, aux tiges et aux nervures claires. Ne les écimez pas, sinon ils ne donneront pas de graines.
- Ensacher : si vous cultivez plusieurs variétés dans le même jardin, couvrez les grappes florales d’un voile avant que les premières fleurs ne s’ouvrent.
- Surveiller la maturité : les capsules mûrissent de bas en haut de la grappe. Elles sont prêtes quand elles sont brunes et sèches, à la moindre secousse les graines s’en échappent.
- Récolter : récoltez les capsules délicatement, une à une, lorsqu’elles commencent à s’ouvrir.
- Sécher : étalez les capsules sur un tissu fin, dans un endroit sec, aéré et à l’ombre.
- Battre : secouez énergiquement les capsules bien sèches pour libérer les graines.
- Nettoyer : passez le tout dans des tamis de plus en plus fins, puis vannez doucement pour chasser les débris.
Conservez les graines au frais et au sec, à l’abri de la lumière : elles gardent leur faculté germinative une dizaine d’années à 9-10 °C. N’oubliez pas de noter le nom de la variété ainsi que son année de récolte avant de stocker vos sachets.





