Photoblastique
Se dit d'une graine dont la germination dépend de la lumière. Certaines ont besoin d'en recevoir pour démarrer, d'autres au contraire ne lèvent qu'à l'obscurité
Photoblastique : Se dit d’une graine dont la germination dépend de la lumière. Certaines ont besoin d’en recevoir pour démarrer, d’autres au contraire ne lèvent qu’à l’obscurité. C’est ce qui explique qu’une graine puisse rester en terre sans bouger alors que tout le reste lui convient, l’humidité comme la température.
Les trois cas
Photoblastique positive : la lumière déclenche la germination. Ces graines doivent rester en surface, à peine plaquées contre la terre, jamais recouvertes. C’est le cas de la laitue, du céleri, de la digitale, du pavot, de la camomille et de beaucoup de petites graines très fines.
Photoblastique négative : la lumière bloque la germination, la graine ne lève qu’enterrée. C’est le cas de la nigelle, de la phacélie, du delphinium, de la coriandre, du calendula, de l’oignon et de la courge.
Photoneutre : la lumière ne change rien, la graine lève dans les deux cas. C’est la majorité des espèces potagères, haricot, tomate, radis, betterave.
Comment la graine fait pour voir
Elle contient des récepteurs appelés phytochromes, sensibles à la lumière rouge. Ces récepteurs existent sous deux formes qui basculent de l’une à l’autre selon la lumière reçue, et c’est cette bascule qui donne le signal.
Ce système est plus fin qu’un simple interrupteur. La lumière qui traverse un feuillage n’a pas la même composition que la lumière directe : les feuilles au-dessus ont absorbé une partie du rouge. Une graine posée sous un couvert végétal est donc capable de faire la différence entre le plein soleil et l’ombre d’une autre plante. Elle ne mesure pas seulement la quantité de lumière, elle en analyse la qualité.
À quoi ça sert à la plante
Une petite graine ne contient presque pas de réserves. Si elle germe enterrée à cinq centimètres, la plantule s’épuisera avant d’atteindre la surface et mourra. Le besoin de lumière est une sécurité : la graine ne démarre que si elle est bien placée.
Les grosses graines, elles, ont largement de quoi remonter. Le blocage par la lumière leur évite de germer à nu, exposées à la sécheresse et aux oiseaux, alors qu’elles auraient tout intérêt à être enfouies.
Le cas des forêts est le plus parlant. Beaucoup de graines forestières attendent qu’un arbre tombe. Tant que la canopée est fermée, elles patientent dans le sol, parfois des années. C’est l’arrivée de la lumière dans la trouée qui les réveille. Ce sont des photoblastiques positives, et ce mécanisme leur évite de germer sous un couvert où elles n’auraient aucune chance.
Ça se perd et ça se déplace
La sensibilité à la lumière n’est pas figée. Elle diminue avec l’âge de la graine : une laitue de trois ans est nettement moins exigeante qu’une laitue de l’année.
La température s’en mêle aussi. Chez la laitue, le besoin de lumière devient beaucoup plus strict quand il fait chaud. Au-dessus de 25 °C, une graine enterrée ne lèvera pas du tout, alors qu’elle l’aurait fait sans problème au printemps. C’est une des raisons des semis de laitue ratés en plein été, avec la thermodormance.
Exemple concret : semez une ligne de laitue en recouvrant normalement, et une autre juste posée en surface, tassée à la main et gardée humide à l’ombre d’un voile. La différence de levée se voit tout de suite. Faites l’inverse avec de la nigelle, c’est la ligne enterrée qui sortira.
À ne pas confondre : une graine photoblastique n’est pas une graine en dormance. La dormance est un blocage interne qui se lève avec le temps, le froid ou l’usure du tégument. Ici, la graine est parfaitement prête, il lui manque seulement le bon signal lumineux, et elle l’attendra sans se dégrader.
Aussi appelé : photoblastisme, photoblastiques, photosensible
