Certifié Agriculture Biologique

Graines biologiques de

Griffe du diable

Proboscidea louisianica syn. Martynia louisianica, Martynia proboscidea

La griffe du diable, ou cornaret est une plante annuelle incroyable originaire du sud des États-Unis et du Mexique. Ses grandes fleurs mauves tachées de pourpre donnent des fruits à long bec, qui sèchent en deux cornes crochues. Jeunes, ces fruits se confisent au vinaigre. Une plante de plein soleil, qui demande de la chaleur. Une curiosité au potager!

Sachet de 15 graines
3,20 €

Fiche technique

Nom communGriffe du diable
Nom vernaculaireCornaret, Cornes du diable, Bicorne, Ongles du diable, Corne de bélier, Martynia à trompe, Devil’s claw, Unicorn plant, Ram’s horn (anglais), Toritos, Cuernitos (Mexique), Trompa de elefante (Espagne), Gemshorn (allemand), Artiglio del diavolo (italien), Garras-do-diabo (portugais)
Famille botaniqueMartyniacées (anciennement Pédaliacées)
Nom latinProboscidea louisianica syn. Martynia louisianica, Martynia proboscidea
VariétéPlante d’origine sauvage
Origine géographiqueOriginaire du sud des États-Unis et du Mexique
Nb graines par grammeentre 40 et 50 graines par gramme
Poids du sachet15 graines
Cycle végétalPlante annuelle
Température de germination20°C à 25°C
Temps de germination3 semaines

À propos de Griffe du diable

Une plante satanique?

La griffe du diable (Proboscidea louisianica) vient du sud des États-Unis et du Mexique. On la trouve aussi échappée des jardins en Espagne, au Portugal ou en Turquie.

C’est une plante annuelle de la famille des Martyniacées, aux tiges couchées, épaisses et un peu charnues. Ses grandes feuilles rondes peuvent dépasser 25 cm de large. Toute la plante est couverte de poils glanduleux collants, et le feuillage froissé dégage une odeur forte, franchement désagréable. Les fleurs en trompette mauve sont tachées de pourpre ou d’orangé dans la gorge. Elles donnent un fruit vert et velu terminé par un long bec. En séchant, il perd son enveloppe charnue, c’est alors que l’on voit apparaître cette incroyable capsule, c’est un spectacle de la nature au potager !

Ses fruits se mangent jeunes, confits au vinaigre comme des cornichons. Secs, ils servent de décoration. Ces drôles de fruits ont tendance à s’accrocher fermement aux vêtements mais aussi au chien qui se balade ! Il faut à notre avis faire attention de ne pas les planter dans un coin où passent les moutons, au risque que leur toison récolte les fruits avant vous !

Histoire et origine de la griffe du diable

La griffe du diable vient du sud des États-Unis et du Mexique, mais son aire naturelle exacte reste discutée. Selon les flores, elle serait indigène du Texas et du Mexique, peut-être de la Louisiane, ou des Grandes Plaines jusqu’au centre du Mexique. Plus à l’est et au nord, elle s’est installée en suivant les cultures, les chemins et les troupeaux.

Le botaniste anglais Philip Miller la décrit en 1768, sous le nom de Martynia. Il écrit qu’elle pousse naturellement en Louisiane, et que ses graines ont été apportées de là-bas en France. Dans son texte, il l’appelle « louisiana », puis corrige en « louisianica » dans la page d’erratum. En 1785, Gloxin, médecin à Colmar, la décrit à son tour sous le nom de Martynia proboscidea.

En France, Vilmorin la range en 1883 parmi les plantes potagères, sous les noms de cornaret, cornes du diable, bicorne et ongles du diable, et la dit « originaire de la Louisiane ». Son nom actuel, Proboscidea louisianica, lui a été donné en 1912 par le botaniste suisse Albert Thellung, dans La flore adventice de Montpellier, un ouvrage consacré aux plantes étrangères apparues autour de la ville. En Espagne, les habitants de Cortes de Pallás, près de Valence, la cultivent en pot depuis au moins 80 ans.

La petite histoire de la griffe du diable

À Cortes de Pallás, les enfants accrochaient les capsules sèches les unes aux autres pour en faire des créatures, à mi-chemin entre l’oiseau et la bête de légende. Les adultes les posaient sur la radio, une étagère ou la cheminée. Les botanistes qui ont étudié le village en 2021 y ont photographié des assemblages vieux de plus de 30 ans. Ça serait un certain Juan Cebrián, employé de la compagnie d’électricité, qui aurait rapporté la plante au village après l’avoir reçue en cadeau.

On lit souvent que les Amérindiens du désert d’Arizona tressaient les fibres noires de ses cornes dans leurs paniers, et qu’ils l’avaient domestiquée pour obtenir des cornes plus longues et des graines blanches. Les ethnobotanistes qui ont étudié ces paniers ont identifié une espèce cousine, Proboscidea parviflora. Notre griffe du diable n’a pas cette histoire-là…

La griffe du diable, une plante comestible

  • Les fruits jeunes : on les confit au vinaigre, comme des cornichons, en les cueillant avant qu’ils atteignent la moitié de leur taille. Vilmorin le conseille en 1883, et les jardiniers américains en faisaient déjà des pickles dans les années 1840. Au Mexique, on mange aussi les fruits immatures. Une petite recette sur un site anglophone qui retrace un peu l’histoire de ce légume.
  • Les graines : au Mexique, les graines mûres se mangent crues. Elles sont riches en huile : 33,6 % dans une analyse de plantes sauvages du centre-nord du Mexique en 2018, environ 40 % dans une étude américaine de 1979.

La griffe du diable, une mauvaise herbe redoutée ailleurs

Hors de son pays, cette plante peut devenir envahissante. En Australie, elle a été introduite comme plante d’ornement et elle est aujourd’hui déclarée nuisible en Australie-Occidentale et interdite dans certaines régions du Victoria. Ses capsules s’accrochent au museau des moutons et les empêchent de manger, blessent les sabots, abîment la laine.

Origine de son nom savant : Proboscidea louisianica

  • Proboscidea : du grec proboskis, la trompe, à cause du long bec qui prolonge le fruit. Le genre a été créé en 1763 par le botaniste allemand Schmidel.
  • louisianica : « de Louisiane », là où Philip Miller la disait sauvage en 1768. Les botanistes situent plutôt son berceau au Texas et au Mexique.
  • Martynia : son ancien nom de genre honore John Martyn, professeur de botanique à Cambridge au début du XVIIIe siècle.

Méthode de culture

Semis de début de saison en mars
  • En mars, semez vos graines au chaud et à l’abri du gel. Maintenez votre terreau humide et assurez-vous que vos plantules reçoivent beaucoup de lumière.
  • En avril, laissez pousser vos plantes en godets. Et pensez bien à l’arrosage car au printemps dans une serre, un coup de chaud est vite arrivé!
  • En mai, vous pouvez les replanter au jardin. Assurez-vous qu’il n’y ait plus de risque de gelée!
  • Pensez à bien pailler afin de limiter les arrosages.
  • Et à la belle saison, profitez de vos récoltes et cueillez d’excellents légumes, ou faites de magnifiques bouquets de fleurs et de feuilles!

Comment cultiver la griffe du diable

La griffe du diable est une annuelle de chaleur, qui se cultive un peu comme le gombo : plein soleil, sol réchauffé, pas de gel.

  • Comment et quand semer la griffe du diable : semez sous abri au chaud de mars à mai, une graine par godet, à 1 ou 2 cm de profondeur. La levée prend de 2 à 4 semaines vers 18 à 22 °C. Le tégument est dur et la germination parfois lente, on peut donc écourter ce temps de levée en faisant tremper les graines une journée dans l’eau tiède, ou encore en les ponçant avec du papier de verre afin d’amenuiser le tégument (la coque), en prenant garde à ne pas poncer l’amande !
  • Comment repiquer et planter la griffe du diable : repiquez à l’extérieur une fois les dernières gelées passées, soyez délicat et prenez soin de ne pas casser les racines lors du repiquage. C’est une plante des pays chauds, chez nous elle ne se développe pas énormément, vous pouvez l’espacer de 30 cm en tous sens.
  • Type de sol et exposition : un sol léger, drainant et bien fumé, en plein soleil et à une exposition chaude. Elle ne supporte pas le gel. Une fois installée, elle résiste assez bien à la sécheresse.
  • Conseils de culture : pensez à pailler un maximum pour limiter les arrosages. Cette plante demande peu d’entretien et chez nous, on ne lui a vu aucune maladie !
  • Comment récolter la griffe du diable : cueillez les fruits jeunes, tant qu’ils restent tendres et qu’une fourchette peut les traverser sans peine, avant qu’ils atteignent la moitié de leur taille (5 à 8 cm environ). Plus tard ils deviennent durs et fibreux. Cueillir souvent pousse la plante à former d’autres fruits. Pour la décoration, laissez sécher les fruits sur pied jusqu’à ce que l’enveloppe tombe et que les cornes s’ouvrent.
  • Cultiver la griffe du diable en pot : elle se cultive en pot, mais il lui faut un gros pot, un bon terreau riche et une exposition ensoleillée.

 

Vertus médicinales

Ne pas confondre avec l’harpagophytum : les remèdes vendus sous le nom de griffe du diable sont faits avec la racine de l’harpagophytum (Harpagophytum procumbens et Harpagophytum zeyheri), une plante d’Afrique australe. L’Agence européenne du médicament reconnaît son usage traditionnel contre les petites douleurs articulaires et les troubles digestifs légers. Ces propriétés ne concernent pas notre griffe du diable, qui n’a en commun avec elle qu’un nom populaire.

Récolter les semences

Comment faire ses graines de griffe du diable

  • Floraison et cycle de vie : la griffe du diable (Proboscidea louisianica) est une plante annuelle qui fleurit en plein été, de juillet à septembre. Elle boucle son cycle, du semis aux fruits mûrs, en trois à quatre mois.
  • Mode de reproduction : ses fleurs sont hermaphrodites et la pollinisation est entomophile, par les abeilles et les bourdons. La plante est allogame préférentielle, elle se féconde surtout avec le pollen d’un autre pied, l’autofécondation reste possible.
  • Pollinisateurs et insectes visiteurs : on y voit des abeilles domestiques, des abeilles sauvages, des guêpes et des bourdons.
  • Risques d’hybridation : aucun croisement n’est documenté au jardin. Dans la nature, on trouve des formes intermédiaires entre ses deux sous-espèces. Par prudence, ne la cultivez pas à côté d’une autre griffe du diable, comme Proboscidea parviflora.
  • Nombre de pieds nécessaires pour un bon brassage génétique : cultivez un minimum de 15 pieds pour assurer un bon brassage génétique.

Récolte des graines de griffe du diable

La récolte se fait en automne, en octobre et novembre. Le fruit est une capsule drupacée : une coque ligneuse entourée d’une enveloppe verte et charnue. Il est mûr quand cette enveloppe a séché et s’est détachée, que la coque est devenue noire et que ses deux cornes s’écartent.

Pour la récolte, il faut :

  1. Sélectionner les porte-graines : gardez les pieds les plus vigoureux et ne cueillez pas leurs fruits jeunes pour la cuisine.
  2. Surveiller la maturité : attendez que l’enveloppe verte tombe et que la capsule noircisse sur la plante.
  3. Récolter : coupez les capsules au sécateur et mettez-les dans un seau ! Attention, ça peut piquer !
  4. Sécher : étalez-les dans un endroit sec et aéré jusqu’à ce que la coque soit bien dure et la capsule bien fendue.
  5. Extraire : armez-vous de gants et ouvrez-les une à une, grattez pour déloger les graines, c’est long et chiant !

Conservez vos graines au sec, au frais et à l’abri de la lumière. N’oubliez pas de noter le nom de la variété ainsi que son année de récolte avant de stocker vos sachets.

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