Certifié Agriculture Biologique

Graines biologiques de

Saponaire des vaches

Vaccaria hispanica (syn. Saponaria vaccaria, Gypsophila vaccaria)

La saponaire des vaches est une plante annuelle des moissons, devenue rare dans les champs avec les herbicides. Ses tiges bleutées portent des fleurs rose tendre veinées de pourpre. Une fleur assez simple et facile à cultiver.

Sachet de 1g de graines
3,20 €

Fiche technique

Nom communSaponaire des vaches
Nom vernaculaireVachère, Vaccaire d’Espagne, Kuhnelke (allemand), Cow cockle (anglais), Cetino dei campi (italien), Hierba de vaca (espagnol), Wang Bu Liu Xing (chinois)
Famille botaniqueCaryophyllacées
Nom latinVaccaria hispanica (syn. Saponaria vaccaria, Gypsophila vaccaria)
VariétéPlante d’origine sauvage
Origine géographiqueOriginaire du bassin méditerranéen, d’Europe centrale et orientale jusqu’à l’Himalaya
Nb graines par grammeEnviron 160 graines par gramme
Poids du sachet1g
Cycle végétalPlante annuelle
Température de germination10°C à 20°C
Temps de germinationDe 10 jours à 2 semaines

À propos de Saponaire des vaches

Introduction

Ancienne compagne des champs de céréales, la saponaire des vaches a largement régressé avec la transformation des pratiques agricoles. Elle possède des tiges ramifiées portant une multitude de petites fleurs roses, suivies de calices renflés aux cinq angles ailés.

Nous apprécions son allure légère et son style sauvage, c’est une belle plante par sa simplicité. C’est aussi une fleur qui se prête bien à la confection de bouquets.

Ses graines sont employées dans la médecine traditionnelle chinoise, et elles ont aussi été étudiées à la loupe car leur composition peut servir à la fabrication de produits pharmaceutiques.

Comment cultiver la saponaire des vaches

La saponaire des vaches est une annuelle des champs qui lève au frais et fleurit au début de l’été. Ses graines contiennent des saponines toxiques pour le bétail.

  • Comment et quand semer la saponaire des vaches : dans la nature, elle lève à l’automne avec les céréales d’hiver. Vous pouvez faire pareil et la semer en place à l’automne : le froid favorise la germination, et les jeunes plants supportent -10 °C. Sinon, semez-la en godets à l’abri en mars ou en avril, en mettant 3 à 5 graines par godet, car toutes ne lèvent pas. Chez nous, on la sème au printemps sous serre, et elle lève en 7 à 14 jours. Semez-la au frais, et recouvrez à peine les graines.
  • Comment repiquer et planter la saponaire des vaches : laissez environ 20 cm entre les pieds.
  • Type de sol et exposition : c’est une plante de terres cultivées, sèches, en situation chaude et lumineuse. Bien qu’elle affectionne particulièrement les sols calcaires, elle pousse bien dans tout type de sol à condition qu’il ne soit pas gorgé d’eau.
  • Conseils de culture : elle se ressème facilement au jardin, et peut même envahir un coin si on la laisse grainer. Ses graines vivent pourtant peu de temps dans le sol, et un travail de la terre au printemps suffit à la faire disparaître. Pour être sûr de la garder, récoltez vos graines.

Histoire et origine de la saponaire des vaches

La saponaire des vaches (Vaccaria hispanica) est indigène d’une grande région qui va de la Macaronésie (Canaries, Madère) et de l’Europe centrale et orientale jusqu’au pourtour méditerranéen et jusqu’à l’Himalaya central. La France fait partie de son aire naturelle. C’est une plante messicole qui vit dans les champs de céréales et les terres remuées, de préférence sur sol calcaire, jusqu’à 1 800 m d’altitude en Espagne.

En Grande-Bretagne, où elle n’est pas indigène, on la cultivait déjà dans les  jardins en 1596. Elle n’y a été vue à l’état sauvage qu’en 1832, à Herne Bay dans le Kent, arrivée avec les grains, la laine et les graines pour oiseaux. Introduite en Amérique du Nord, elle y est devenue une « mauvaise herbe » des champs de céréales dans les grandes plaines.

L’intensification de l’agriculture et les herbicides l’ont fait reculer presque partout. En France, le Plan national d’actions en faveur des plantes messicoles la classe parmi les espèces « en situation précaire » : elle a disparu de plus de la moitié des départements où on la connaissait avant 1970. Elle est au bord de l’extinction en Suisse, et elle a disparu d’Autriche et de Corse.

Des anecdotes sur la saponaire des vaches

  • Des graines qui ont attendu 110 ans : en 1877, à Vienne, un lot d’avoine très sec, mêlé d’autres céréales et de graines d’herbes folles, a été fermé dans un récipient hermétique. Il faisait partie de la collection de F. Haberlandt. Ouvert 110 ans plus tard, l’avoine germait encore à 81 %. Les graines de saponaire des vaches du lot ont levé elles aussi, et ont donné des plantes fertiles.

La saponaire des vaches, une messicole à protéger

Les conservatoires botaniques s’inquiètent des graines de messicoles semées dans les jachères fleuries et les bords de champs. En se croisant avec les populations locales, ces plantes, parfois horticoles, peuvent leur faire perdre leur adaptation au sol et au climat local. En Suisse, Info Flora compte ce mélange avec des plantes d’origine inconnue parmi les menaces qui pèsent sur la saponaire des vaches, et les conservatoires recommandent des graines récoltées sur place pour toute réintroduction.

Mais les plantes messicoles ont toujours voyagé, avec le transport des récoltes, le commerce des graines de céréales, les machines agricoles. C’est comme ça qu’une bonne partie d’entre elles sont arrivées dans nos campagnes. En 2016, en Haute-Garonne, la saponaire des vaches a refait surface dans un champ de fenugrec, alors qu’on ne l’y avait plus vue depuis 1961. Ses graines étaient sans doute mêlées à la semence, et personne ne sait d’où elles venaient. Réapparaître n’est pas pour autant s’installer : en Grande-Bretagne, la plupart des populations arrivées avec le grain, la laine ou les graines pour oiseaux avaient disparu avant les années 1960.

Notre souche vient de graines du commerce. Si une population sauvage de saponaire des vaches pousse près de chez vous, ne la semez pas à côté. Celle qui est là s’est sans doute adaptée à son terrain au fil des générations, et un croisement avec notre souche pourrait lui faire perdre cette adaptation. Prenez plutôt le temps d’en récolter quelques graines, en petite quantité, et utilisez celles de votre terroir : ainsi vous préserverez la souche locale. Renseignez-vous avant auprès du conservatoire botanique de votre région.

Origine de son nom savant : Vaccaria hispanica

  • Vaccaria : du latin vacca, la vache, avec un suffixe qui marque un lien. C’était une plante qu’on croyait appétissante pour les vaches. Ses noms français, saponaire des vaches et vachère, viennent de là.
  • hispanica : « d’Espagne ». Le botaniste anglais Philip Miller l’a décrite en 1768 sous le nom de Saponaria hispanica, en notant qu’elle pousse naturellement en Espagne. Elle n’est pas pour autant propre à ce pays.
  • Saponaria : c’est sous le nom de Saponaria vaccaria que Linné l’a décrite en 1753. Le mot saponaire vient du latin médiéval saponaria (herba), latinisation de l’ancien français erbe savoniere, « herbe à savon ».
  • Gypsophila : le genre où la range aujourd’hui Kew (Gypsophila vaccaria). Linné l’a formé sur le grec gýpsos, le gypse, et phílos, qui aime : « qui aime le gypse ».

Méthode de culture

Semis de début de saison en mars
  • En mars, semez vos graines au chaud et à l’abri du gel. Maintenez votre terreau humide et assurez-vous que vos plantules reçoivent beaucoup de lumière.
  • En avril, laissez pousser vos plantes en godets. Et pensez bien à l’arrosage car au printemps dans une serre, un coup de chaud est vite arrivé!
  • En mai, vous pouvez les replanter au jardin. Assurez-vous qu’il n’y ait plus de risque de gelée!
  • Pensez à bien pailler afin de limiter les arrosages.
  • Et à la belle saison, profitez de vos récoltes et cueillez d’excellents légumes, ou faites de magnifiques bouquets de fleurs et de feuilles!
Semis en fin d'été en plein champ
  • Fin août, début septembre préparez votre sol pour un semis direct. Vous pouvez installer un carton au sol et au printemps, lorsque vous l’enlèverez, il ne vous restera plus qu’à mettre un coup de binette afin que le sol soit meuble.
  • Dans cette terre fine semez vos graines et recouvrez-les légèrement de terre.
  • Espérez une bonne pluie, sinon arrosez tranquillement et maintenez humide jusqu’à la levée de vos graines.
  • Laissez passer l’automne et l’hiver. Vos plantes profiteront des belles journées de la saison fraîche.
  • Au début du printemps la pousse devrait reprendre, c’est le moment d’éclaircir vos semis si besoin et ensuite de pailler.
  • A partir de mai, juin vous pourrez profiter de la floraison et/ou commencer les récoltes.
Semis en mai en pleine terre
  • Fin avril, début mai, semez vos graines en plein champ. Au préalable vous aurez préparé votre sol: il faut qu’il soit « terre à nue » et exempt de racines (qui pourraient repartir plus vite que vos graines!) L’idéal étant de préparer son sol en installant des cartons à l’automne. Il suffira d’enlever ces derniers et de mettre un léger coup de binette afin de décompacter le sol.
  • Espérez une bonne pluie, sinon arrosez et paillez sommairement afin que la lumière et la chaleur puissent réchauffer le sol.
  • En juin, pendant la pousse de vos plantules, arrosez légèrement mais laissez vos plantes souffrir un peu afin de ne pas les habituer au luxe et laissez-les faire des racines qui iront chercher l’eau en profondeur!
  • Lorsque vos plantes sont assez grandes, éclaircissez si nécessaire et paillez beaucoup afin de limiter les arrosages.
  • Profitez bien de vos plantations, de vos récoltes et dégustez les légumes de votre jardin!

Vertus médicinales

Les vertus médicinales de la saponaire des vaches

En Europe, nous n’avons trouvé aucune trace d’utilisation de la saponaire des vaches en médecine. En Asie, ses graines sont par contre une matière médicinale connue, inscrite à la pharmacopée chinoise.

  • Dans la médecine traditionnelle chinoise : ses graines mûres et séchées portent le nom de Wang Bu Liu Xing (王不留行). Selon cette tradition, elles « activent le sang » et les règles, font venir le lait, désenflent et facilitent la miction. Le nom vient d’une vieille explication du Zhonghua Bencao : cette matière « circule sans s’arrêter, et même un ordre du roi ne pourrait retenir sa marche ». On les emploie aussi en Corée, sous le nom de wangbullyuhaeng. Attention, dans le sud de la Chine, on vend sous un nom voisin un tout autre produit, le fruit séché du figuier grimpant (Ficus pumila).
  • En cosmétique : un extrait de ses fleurs, feuilles, graines et tiges est enregistré comme ingrédient cosmétique, classé « agent de conditionnement de la peau ». Un fournisseur allemand le vend mélangé à de la pulpe de baobab, pour des crèmes censées resserrer les pores. Ça reste une promesse de fabricant, car il n’y a pas d’effet documenté de la plante seule.
  • Recherches en labo : ses graines contiennent des saponines et de petits peptides, les ségétalines, dont certains sont antimicrobiens. Ces composés ont été étudiés au Canada, notamment pour un effet sur la tension artérielle. Ces travaux restent pour l’instant au stade de recherche.

Précautions d’utilisation

Les graines de la saponaire des vaches sont toxiques si on les avale, à cause de leurs saponines, et elles sont dangereuses pour le bétail. La médecine traditionnelle la déconseille aux femmes enceintes. Les graines vendues pour le jardin ne sont pas une matière médicinale contrôlée, ne les consommez pas.

Passez donc voir un bon herboriste ou un phytothérapeute afin d’avoir les meilleurs conseils, et prenez soin de vous !

Récolter les semences

Comment produire ses graines de saponaire des vaches (Vaccaria hispanica)

  • Floraison et cycle de vie : la saponaire des vaches (Vaccaria hispanica) est une annuelle. Elle fleurit de juin à août, et produit ses graines dans l’année.
  • Mode de reproduction : ses fleurs sont hermaphrodites, avec dix étamines et deux styles. Elle peut s’autoféconder et se faire polliniser par les insectes butineurs.
  • Pollinisateurs et insectes visiteurs : nous y avons observé des abeilles domestiques et solitaires, des bourdons (hyménoptères), des petites mouches (diptères) et des coléoptères comme les longicornes, et bien d’autres insectes (nous avons une petite lacune pour identifier tous ces visiteurs).
  • Risques d’hybridation : on ne lui connaît aucun croisement avec une autre espèce, pas même avec la saponaire officinale (l’herbe à savon). Elle peut en revanche se croiser avec d’autres saponaires des vaches, sauvages comme avec des sélections horticoles.
  • Distance d’isolement : nous n’avons pas trouvé d’infos précises sur les distances d’isolement pour cette espèce. Pour les plantes pollinisées par les insectes, on recommande en général quelques centaines de mètres. Comme ses fleurs sont hermaphrodites et capables de s’autoféconder, un voile anti-insectes peut aussi être tenté, en vérifiant que les capsules se remplissent bien dessous..

Récolte des graines de saponaire des vaches

Le fruit est une capsule cachée dans le calice renflé, qui s’ouvre au sommet par quatre petites dents. Elle renferme des graines noires, rondes et rugueuses, de 2 à 2,5 mm.

Pour la récolte, il faut :

  1. Sélectionner les porte-graines : gardez des pieds sains et typiques, en nombre suffisant, et récoltez des graines sur beaucoup d’individus.
  2. Surveiller la maturité : les capsules sont mûres quand elles commencent à s’ouvrir au sommet et que les petites graines sphériques tombent d’elles-mêmes.
  3. Récolter : les capsules sont alors récoltées délicatement une à une.
  4. Sécher : la récolte de capsules doit être mise sur une claie, dans un lieu sec et ventilé, pour parfaire le séchage des graines.
  5. Battre : les capsules se broient facilement entre les mains, vous pouvez y aller énergiquement, les graines sont costaudes.
  6. Nettoyer : faites usage de tamis de diverses mailles, utilisez le vent et/ou votre souffle pour venir à bout des déchets végétaux, le tri de ces graines est assez simple.

Gardez les graines dans un lieu sec, frais et à l’abri des rayons du soleil. Dans ces conditions, elles se conservent longtemps. Nous n’avons pas encore assez de recul pour connaître la durée de leur faculté germinative (nous reviendrons l’écrire lorsque nos tests de germination nous le diront !), mais on ne s’inquiète pas trop, des graines enfermées très sèches dans un récipient hermétique, à Vienne en 1877, ont encore germé 110 ans plus tard. N’oubliez pas de noter le nom de la variété ainsi que son année de récolte avant de stocker vos sachets.

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