Le carthame (Carthamus tinctorius), aussi connu sous le nom de safran des teinturiers ou faux safran, est une plante annuelle originaire des régions arides de l’Asie et du Moyen-Orient.
Elle atteint généralement une hauteur entre 90cm et 150 cm et produit des tiges dressées et ramifiées avec des feuilles épineuses.
La floraison a lieu entre juin et août, offrant des fleurs jaunes, oranges ou rouges éclatantes. Mellifère, cette plante attire de nombreux pollinisateurs, notamment les abeilles, qui apprécient son nectar abondant.
Cette plante est cultivée depuis des millénaires pour ses multiples usages, de la teinture végétale à l’alimentation.
Comment cultiver le carthame
Le carthame est une plante rustique, facile à cultiver et tolérante aux conditions sèches.
- Comment semer le carthame : Les semis se font directement en pleine terre, idéalement en avril ou mai, lorsque tout risque de gel est passé. Les graines doivent être enterrées à une profondeur d’environ 2 cm et espacées de 20 cm pour laisser suffisamment de place aux plantes de se développer. La levée des graines prend généralement entre 8 et 14 jours selon la température du sol.
- Préparation du sol : Avant de semer, préparez le sol en le bêchant pour l’aérer et en retirant les mauvaises herbes. Un sol bien drainé est essentiel pour éviter la stagnation de l’eau qui pourrait nuire aux jeunes plants.
- Type de sol et exposition : Cette plante aime les expositions en plein soleil et peut s’adapter à des conditions de forte chaleur. Le carthame préfère les sols bien drainés et pauvres en nutriments. Il supporte bien la sécheresse et n’a besoin que de peu d’eau une fois établi. Un excès d’humidité peut provoquer la pourriture des racines.
- Rusticité : Le carthame est sensible au gel, mais il prospère dans des climats chauds et secs. Une fois les plants bien établis, le carthame nécessite peu d’entretien.
Le Carthame une teinture végétale
Le carthame a été largement utilisé pour produire des teintures naturelles, notamment des teintes jaunes et rouges. Ses fleurs contiennent deux principaux pigments : la cartamine, responsable de la couleur rouge, et la carthamine jaune, qui produit des nuances plus douces. Les anciens Égyptiens l’employaient pour teindre les bandelettes des momies et colorer les textiles. La cartamine, bien que moins stable que certains autres colorants, était très prisée pour sa capacité à produire un rouge vibrant. Au Japon, le carthame a également été utilisé dans l’artisanat traditionnel pour la confection de tissus et de kimonos ornés. Pour extraire la teinture, les pétales étaient d’abord séchés puis trempés dans de l’eau pour libérer les pigments. L’utilisation d’un agent alcalin pouvait intensifier la couleur rouge et permettre de fixer la teinture sur le tissu de manière plus durable.
Le Carthame, une plante comestible
- Les graines de carthame sont riches en huile. Cette huile, appréciée pour sa teneur en acides gras insaturés tels que l’acide linoléique, est reconnue pour ses bienfaits nutritionnels et son goût neutre qui s’intègre facilement dans diverses préparations culinaires. Elle est souvent utilisée dans les vinaigrettes, les marinades et pour la cuisson douce des aliments. les graines de carthame peuvent être grillées et consommées à la manière des graines de tournesols.
- Les fleurs séchées du carthame, surnommées "faux safran" en raison de leur couleur vive, servent de substitut au safran dans les plats traditionnels tels que les paellas, les soupes et les ragoûts, apportant une teinte dorée sans l’intensité aromatique du vrai safran. Dans certaines régions, les pétales de carthame sont aussi infusés dans l’eau chaude pour préparer des boissons légèrement colorées et aromatisées.
Histoire et origines
Le carthame est cultivé depuis l’Antiquité, notamment en Égypte où il était utilisé pour teindre les bandelettes des momies et ajouter des touches de couleur aux textiles. Des traces de carthame ont été retrouvées dans les tombes des pharaons, attestant de son importance historique. Selon certaines légendes, le carthame était une plante sacrée utilisée lors des rituels de purification. On raconte que des prêtres égyptiens utilisaient l’eau infusée de carthame pour bénir les temples et éloigner les mauvais esprits.
Dans la mythologie persane, le carthame était considéré comme une plante divine capable de guérir les blessures et de protéger contre les maléfices. On dit que les guerriers persans portaient des sachets de fleurs de carthame sur eux pour se prémunir des maux pendant les batailles.
En Europe médiévale, le carthame était utilisé pour ses propriétés tinctoriales, mais il était aussi intégré à des potions amoureuses pour ses vertus prétendument aphrodisiaques. Dans certaines traditions populaires, le carthame était répandu autour des maisons pour repousser les mauvais esprits et apporter prospérité et bonheur au foyer.
Anecdotes et usages folkloriques
Une histoire surprenante entoure le carthame : lors des expéditions de Marco Polo, les marchands vénitiens ont rapporté des fleurs séchées de carthame comme substitut du safran. Ce commerce a trompé de nombreux acheteurs peu avertis qui pensaient acquérir la précieuse épice à un prix inférieur.
En Inde, le carthame est parfois utilisé dans les cérémonies religieuses, où ses pétales servent à fabriquer des offrandes colorées. Il est également connu que dans certaines régions, les femmes appliquaient une pâte de carthame sur leur peau pour obtenir un teint doré et éclatant, un rituel de beauté apprécié depuis des générations.
Origine de son nom savant : Carthamus tinctorius
- Carthamus : Le nom générique "Carthamus" est dérivé de l’arabe "kartum" ou "quirtum", signifiant "teindre" ou "préparer pour la teinture", en raison de l’utilisation historique de la plante pour ses propriétés colorantes. Les Arabes et d’autres civilisations anciennes employaient le carthame pour ses pigments qui offraient des nuances de jaune et de rouge.
- Tinctorius : L’épithète spécifique "tinctorius" vient du latin et signifie "relatif à la teinture". Cette désignation souligne la fonction principale de la plante en tant que source de teinture naturelle pour colorer les textiles et autres matériaux. Le mot latin "tinctorius" est associé aux teinturiers qui utilisaient ces pigments dans leurs pratiques artisanales.



